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Editorial: Contre vents et marées

En date du 5 décembre 2016, un accord salarial dans le secteur public d’une durée de trois ans a pu être trouvé et signé.

Une fois de plus, la CGFP a pu s’imposer malgré la volonté du gouvernement, dès le début des négociations, de se référer au programme de coalition de 2013 qui avait été rédigé sous bien d’autres prémisses et qui avait exclu toute augmentation de la valeur du point indiciaire jusqu’à la fin de la période législative en cours.

Les avancées négociées dans le secteur public par la CGFP ne font pas toujours l’unanimité dans le camp des autres organisations syndicales non membres de notre Confédération et encore moins du côté du patronat.

Parce que certaines de ces organisations professionnelles représentent exclusivement des secteurs strictement délimités, celles-ci, n’ayant de ce fait aucune vue globale des intérêts de la fonction publique au sens large, sont exclues de la table des négociations. C’est donc la CGFP, en tant qu’organisation professionnelle seule représentative sur le plan national, qui mène les négociations salariales. Que les autres syndicats le veuillent ou non, cette représentativité se caractérise de manière évidente par la répartition des sièges occupés par la CGFP au sein de la Chambre des fonctionnaires et employés publics.

Les propos tenus par le patronat au sujet de l’évolution des rémunérations au sein de la fonction publique ne sont pas moins cocasses. Certes, il n’est pas sans savoir que les augmentations négociées au cours des dernières décennies dans le secteur public pourraient –  et devraient –  servir d’exemple aux salariés du secteur privé. Certains «grands» employeurs craignent donc que la rémunération de leurs salariés ne connaisse à son tour des progressions, aussi minimes soient-elles. Or, ce qui est vrai aussi, c’est qu’une grande partie de toute augmentation salariale retourne sous forme d’impôts dans les caisses de l’Etat alors qu’une autre partie permet aux bénéficiaires de changer leurs habitudes de consommation et d’investir davantage dans leurs dépenses quotidiennes, dans l’intérêt du commerce de proximité, par exemple.

Quoi qu’il en soit, le gouvernement s’est engagé à prendre les dispositions nécessaires, moyennant entre autres l’élaboration de projets de lois et de règlements grand-ducaux, afin de mettre en œuvre les différentes mesures. A cet égard, un premier projet de loi portant introduction d’une prime unique pour l’année 2016 vient d’être voté à la Chambre des Députés, de sorte que la transposition a pu être opérée dans les délais impartis.

La CGFP veillera, de même que la Chambre des fonctionnaires et employés publics par le biais de ses avis, à ce que les textes correspondent à l’esprit même de l’accord salarial, mais également et surtout à l’intention des signataires de faire bénéficier les agents publics non seulement d’une amélioration purement financière, aussi modeste soit-elle, mais aussi de leur offrir tout un ensemble de mesures sociales leur permettant une meilleure conciliation entre vie professionnelle et personnelle. A ce titre, la réorganisation du travail à mi-temps et du service à temps partiel n’en est qu’un seul exemple parmi tant d’autres. L’introduction de nouveaux paliers (90%, 80%, 70%,…) contribuera sans doute à rendre cette mesure beaucoup plus flexible.

Conformément aux dispositions de l’accord, la CGFP insiste également pour être associée le plus rapidement possible aux travaux préparatoires visant la mise en place d’un système de comptes épargne-temps au niveau de la fonction publique, dont la dernière tentative avait échoué, il y a quelques années, suite à l’absence d’accord entre les acteurs du secteur privé.

Outre les mesures ponctuelles négociées dans le cadre de l’accord salarial en cause, de tels accords contribueront sans doute à renforcer l’ensemble de la fonction publique dans l’exercice de ses missions au service de tout un chacun et, partant, dans l’intérêt du pays entier. Il sera indispensable à l’avenir d’avoir une fonction publique bien motivée qui pourra se baser sur des collaborateurs et collaboratrices compétents et performants. Une chose paraît certaine: seul le secteur public sera en mesure d’assurer à terme des prestations qualitatives, et cela non seulement dans les domaines dits «d’une importance capitale». Ainsi, il est grand temps d’arrêter, une fois pour toutes, les tendances à la privatisation de services du secteur public, comme nous le constatons actuellement au niveau de l’Administration de la navigation aérienne (ANA). Dans ce dossier, le gouvernement s’obstine à transférer à tout prix certaines missions à une société privée, tout en sachant que cette administration est très bien outillée pour assurer ces missions et qu’elle dispose d’agents hautement motivés pour faire face aux exigences dans ce domaine. Il est fortement regrettable de constater que la représentation du personnel de l’ANA, confrontée, dans un premier temps, à une absence de dialogue social en la matière et ensuite d’une réponse claire quant aux raisons de cette «privatisation», n’a eu d’autre choix que d’entamer une procédure de conciliation dans le domaine hautement sensible qu’est l’aviation.

La cohésion constitue depuis toujours un élément très important afin de garantir à longue échéance un travail syndical efficace. Comme par le passé, cette solidarité entre tous les agents du secteur public est et restera indispensable à l’avenir afin de défendre et protéger efficacement nos acquis sociaux et de nous permettre d’être le plus possible au service de l’ensemble de la fonction publique. Si nous arrivons à l’avenir à serrer les rangs, à faire jouer cette solidarité entre tous les agents publics, nous serons sans aucun doute bien armés pour affronter les défis des semaines et des mois à venir – et cela contre vents et marées!

Steve Heiliger

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