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La prise en charge urgente d’un patient tombé malade

Medecins urgentistes

Sur initiative de la Confédération Générale de la Fonction Publique (CGFP), cette dernière ainsi qu’un représentant de la Fédération Générale de la Fonction communale (FGFC) avaient le plaisir de recevoir récemment une délégation de la Société luxembourgeoise de médecine d’urgence (SLMU) afin de discuter des problèmes auxquels en particulier les services d’urgences des hôpitaux doivent faire face afin d’assurer les soins qui sont requis dans des cas d’urgence médicale.

Cette problématique se révèle être très vaste et complexe. Les patients qui sont admis soit en SAMU, soit en ambulance ou se présentent par leurs propres moyens doivent être soumis à un premier examen médical ayant comme objectif de trier les personnes selon le degré d’urgence qui est nécessaire à la prise en charge médicale. Les raisons pour lesquelles un patient se présente ou est présenté au Service des urgences peuvent évidemment être très différentes. Afin d’illustrer la panoplie de maladies, citons les problèmes d’intoxications, neurologiques, ophtalmologiques, concernant le nez, l’oreille, la bouche, la gorge, le cou, des voies respiratoires, de problèmes cardiovasculaires, gastro-intestinaux, gynéco-obstétriques, génito-urinaires, orthopédiques, traumatologiques, dermatologiques, pour ne citer que ceux-là. Il y a par ailleurs également la sollicitation des services d’urgences pour des raisons qui  sont mineures ou qui n’apparaissent pas comme étant graves et urgentes. En vue du traitement, il est par ailleurs souvent nécessaire de distinguer entre adultes et enfants. Dans tous les cas, la qualité de la prise en charge doit être garantie à l’égard de toute indisposition, maladie ou syndrome constaté.

Le traitement médical en urgence se fait d’ailleurs de plus en plus par des  médecins-urgentistes, c’est-à-dire des médecins ayant généralement une formation de généralistes, complétée par une formation spécifique en vue d’un premier traitement urgent de patients.

Du point de vue du patient qui se présente au service d’urgence et qui se trouve en général dans une situation qu’il estime inquiétante pour lui, le temps d’attente avant d’être traité par un médecin est souvent considéré comme étant long. Il n’est pas rare que ce temps d’attente dure effectivement des heures. Même du côté du Ministère de la Santé, on parle de mesures de «désengorgement» des urgences qui sont nécessaires.  Entre octobre 2016 et févier 2017, plusieurs articles ont été publiés dans la presse à ce sujet.

L’entrevue avec la SLMU a porté essentiellement sur l’organisation, c’est-à-dire le processus de la prise en charge des personnes en urgence. A l’arrivée d’une personne, il s’agit de l’accueillir par un(e) réceptionniste/infirmier(infirmière), de réaliser un début d’anamnèse et de procéder au triage selon le degré d’urgence. Ensuite, des premiers soins peuvent être nécessaires, la prescription et la réalisation d’analyses de laboratoire, éventuellement des examens complémentaires, des demandes d’avis de spécialistes, de la prescription et réalisation d’un traitement, éventuellement du transport du patient à un autre endroit. Cette énumération organisationnelle ne peut être complète.

A côté de l’organisation interne d’un Service d’urgence d’un hôpital, il faut voir l’ensemble des moyens mis à disposition d’un patient qui se trouve en état de requérir une aide médicale urgente, en particulier pendant les périodes nocturnes ou de week-end pendant lesquelles les cabinets de médecins ne sont guère ouverts. Il s’agit du Service d’aide médicale urgente (SAMU), des services d’urgences hospitaliers, cités ci-dessus, des polycliniques hospitalières et des maisons médicales.

Fin décembre 2016, le Ministère de la Santé a présenté les résultats d’un sondage téléphonique sur la notoriété et le recours aux maisons médicales et d’un sondage in situ sur le recours aux urgences hospitalières. Sans entrer dans le détail des résultats, ceux-ci montrent que plus de la moitié des gens se rendent à l’hôpital de garde en cas de maladie en soirée ou pendant le week-end. Une des raisons qui explique ce phénomène est le fait qu’en grande partie les étrangers ne connaissent pas le fonctionnement des maisons médicales. Une autre raison de préférer l’urgence en hôpital est celle qu’à cet endroit, des spécialistes sont sur place et des examens complémentaires à ceux qu’un généraliste peut faire dans une maison médicale sont possibles. Suite à ce sondage, le Ministère de la Santé a lancé une campagne d’information en vue de mieux faire connaître l’existence des maisons médicales.

Nous avons appris par ailleurs que dans environ 5 % des cas dont un traitement n’est pas considéré comme étant urgent lors de l’admission au service de garde, l’indisposition du patient se révèle ultérieurement comme étant plus grave que diagnostiquée. Par ailleurs, un certain pourcentage de gens qui se rendent aux maisons médicales est ensuite prié de se rendre à l’hôpital en vue d’analyses de laboratoire ou d’imagerie médicale. On peut donc se poser la question s’il ne fallait pas lier beaucoup plus étroitement les maisons médicales aux services d’urgence des hôpitaux, quitte à pourvoir aux besoins immobiliers et matériels nécessaires.

L’entrevue entre la Société luxembourgeoise de médecine d’urgence et la CGFP a porté par ailleurs sur la dotation nécessaire en médecins et en personnel de santé, sur la dotation financière d’un tel service hospitalier (le Gouvernement a décidé d’allouer pour les deux prochaines années 2 millions d’euros supplémentaires au fonctionnement des services d’urgence). Par ailleurs, en considérant les prestations des médecins dans le cadre de leurs présences aux services d’urgence par rapport à la spécificité de l’accueil de patients qui se trouvent en situation anormale, la responsabilité médicale, la complexité et le temps de traitement très différent d’un patient à l’autre, une tarification adéquate est nécessaire. La durée moyenne de séjour d’un patient en service d’urgence, tout comme la disponibilité, souvent insuffisante, de lits hospitaliers pour le cas où une hospitalisation immédiate s’impose figurent parmi les critères de qualité. Les conditions difficiles de travail de tous les professionnels à l’hôpital ont été mises en évidence.

Le Ministère de la Santé et celui de la Sécurité sociale, en particulier la Caisse Nationale de Santé, en collaboration avec les établissements hospitaliers et le corps médical ont commandé une étude approfondie sur les pistes susceptibles d’assurer un meilleur fonctionnement des services d’urgence. Les syndicats, dont la CGFP, ont insisté à ce que les résultats de cette étude soient disponibles à brève échéance. D’ailleurs, les premiers rapports intermédiaires ne devraient plus tarder.

Citons les objectifs de l’étude:

  • «Permettre aux quatre centres hospitaliers de remplir leur mission de santé publique, en disposant des moyens humains en nombre et qualifications appropriés,
  • Garantir un recours au service d’urgence à toute personne le nécessitant pour un problème de santé, une orientation justifiée, une prise en charge conforme aux bonnes pratiques professionnelles n’engendrant pas de perte de chance, dans un délai approprié à la situation, dans le respect des droits du patient, pour un coût acceptable dans le cadre du financement des soins de santé, dans des conditions d’exercice pour les professionnels ne portant pas atteinte à leur propre santé, sécurité et responsabilité,
  • Garantir des flux de patients avec des pics d’activité maîtrisés grâce à une organisation efficiente et sécuritaire, ainsi qu’une chaîne de soins structurée et coordonnée,
  • Articuler l’activité du service d’urgence avec la chaîne de soins en amont et en aval,
  • Améliorer la compréhension par la population du processus de prise en charge dans le service d’urgence.»

Il est évident que les différents centres hospitaliers disposent déjà de schémas organisationnels portant de l’arrivée physique du patient jusqu’à sa sortie, mais le défi de l’étude est néanmoins de taille. «fonction publique» tiendra ses lecteurs au courant de l’évolution de ce «dossier» et la CGFP ne manquera pas de formuler ses attentes dans ce contexte.

C.G.

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