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Editorial: Attentes

Les agents publics s'attendent à ce que ceux qui demain seront aux affaires tiennent parole, respectent leurs engagements et prennent, le cas échéant, la défense de la fonction publique.

Le 13 juin prochain, les Luxembourgeois éliront leur nouveau Parlement.
Depuis des mois, la campagne pour le pouvoir est engagée. Car c’est de cela qu’il s’agit. Rester en place ou prendre la place. Or, ces prétentions sont tout à fait légitimes puisqu’elles sont le propre du jeu politique.
La CGFP n’entend pas s’en mêler, mais au contraire rester fidèle à sa ligne de conduite traditionnelle, c’est-à-dire rester au-dessus de la mêlée et à stricte équidistance des groupements politiques en lice, dans la mesure où ils adoptent à l’égard de la fonction publique et de sa représentation professionnelle une attitude constructive et loyale.
Ce qui nous amène à recommander à nos adhérents de voter utile dans l’intérêt de la fonction publique et de ses justes aspirations sociales.
A cet effet la CGFP a - comme par le passé - soumis aux différentes formations politiques un questionnaire portant sur un certain nombre de sujets, à ses yeux d’importance majeure, afin de mettre les agents publics en mesure de se forger leur opinion à la lumière des prises de position respectives et de voter en connaissance de cause. A lire les réponses dans la présente édition de notre organe de presse, l’on peut aisément se faire une idée des intentions programmatiques des différents partis. L’exercice vaut la peine d’être mené et tout un chacun a un intérêt certain à se laisser guider par les conclusions à en tirer.
La fonction publique, comme d’autres catégories sociales, est en droit d’attendre de la part de ceux qui prétendent à la direction du pays, qu’ils aient notamment le souci du service public, qu’ils témoignent leur sollicitude à ses ressortissants et veillent à leur statut spécifique, destiné à garantir la continuité de l’Etat et de son administration et d’assurer en toutes circonstances leur indépendance et leur neutralité, gages d’impartialité et d’efficacité.
Or, dans un passé pas si lointain, la fonction publique a été l’objet d’une campagne soutenue, à la fois odieuse et pernicieuse, qui, s’en prenant à ses droits, risquait la cassure par rapport à ceux qui avaient pour mission de la protéger contre la malveillance et les empiètements de la part de ses détracteurs politiciens et de leurs suppôts scribouillards et agitateurs.
Heureusement que la législature qui se termine a été une période au cours de laquelle les différents acteurs - à part les éternels de la provocation et de la démagogie - se sont employés à recoller les pots cassés et à rétablir la confiance, en favorisant le dialogue, la concertation et le partenariat. Aussi la fonction publique a-t-elle pu renouer avec la mise en œuvre d’une politique de progrès social et de réformes statutaires qui lui font retrouver la place qui lui revient au sein de la communauté nationale.
Mais voici qu’à l’approche des élections, d’aucuns en mal d’esprit innovateur et commercial, en l’occurrence les porte-parole des employeurs du secteur privé, tant des petites et moyennes entreprises que des grands groupes, ont jugé le moment venu pour faire pression et lancer leur campagne en faveur d’une compétitivité prétendument compromise.
Quoiqu’au Luxembourg l’Etat ait consacré d’importants moyens précisément aux entreprises pour leur permettre d’être performantes et d’affronter la concurrence, sinon à des conditions avantageuses, du moins à armes égales, il n’y aurait rien à redire à ce qu’elles défendent leurs intérêts. Mais de là à s’en prendre, dans une action concertée et de façon ridicule et éhontée, à la fonction publique, pour lui imputer leurs propres insuffisances, incompétences et échecs, est un pas que l’on n’aurait pas cru ces gens capables de franchir. La retenue, la distinction et les vues élevées ne sont d’évidence plus l’attribut de tous les dirigeants d’entreprise d’aujourd’hui.
Cependant, la CGFP ne s’est pas laissée faire et à réagi comme on l’attend d’elle face aux inepties débitées par quelques tristes sires du mouvement patronal, qu’il serait osé d’identifier à l’ensemble des employeurs, alors surtout que nombre de ceux-ci ont tenu à prendre, entre-temps, leurs distances à l’égard des meneurs qui se révèlent être un sérieux obstacle aux intérêts de leur secteur.
Les agents publics, assez éreintés par le passé, s’attendent dès lors à ce que les responsables politiques de bonne foi et de bonne volonté se démarquent de ces campagnes de quelques irresponsables, de nature à nuire à la cohésion sociale.
Ils attendent en outre que ceux qui demain seront aux affaires tiennent parole, respectent leurs engagements, prennent le cas échéant la défense des agents publics et se rendent compte que la fonction publique constitue l’échine dorsale de cet Etat qui est le nôtre et que nous tous avons à servir.

Jos. Daleiden

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