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Communiqués de presse

La CGFP demande une "main sûre" pour la politique budgétaire

04.10.2005

Voilà déjà six mois que le Luxembourg a signalé aux services communautaires son premier déficit public. Avec -0,6% du Produit Intérieur Brut (PIB), le solde pour 2004 se révèle finalement plus favorable que celui de 17 autres pays de l'UE. On relève pour 19 des 25 États membres un déficit de ce genre en 2004, et le solde moyen a été pour toute l'UE de -2,6% du PIB et pour la "zone Euro" de -2,7%.

Ces statistiques ne sont toutefois pas à confondre avec les données du budget de l'État, puisqu'elles incluent outre les comptes étatiques encore d'autres résultats financiers (comme ceux du secteur communal et de la sécurité sociale) et que les chiffres sont "ajustés" selon des définitions et fictions bruxelloises. Ces formules harmonisées négligent notamment le fait que le déficit luxembourgeois n'entraîne pas d'endettement nouveau, car se finançant entièrement par des économies antérieures.

Les réalités et chiffres complexes exigent donc une analyse nuancée et experte. Toute confusion sur les définitions et toute méconnaissance des mécanismes particuliers empêchent une discussion intelligente et sérieuse. Dans le débat budgétaire national, les investissements publics constituent une dépense au moment de la dotation des Fonds d'investissement publics; selon les critères du pacte de stabilité elles sont par contre prises en compte au moment de la dépense. Celui qui n'en a pas conscience, discute sans s'en apercevoir deux fois du même déficit.

Les comptes généraux pour 2004 ont clôturé avec un léger déficit total de -154 millions d'euros, correspondant à -2,2% des recettes de l'État et à -0,6% du PIB. Le solde courant excluant les recettes et dépenses en capital - qui révèle si l'État consomme au-delà des recettes ordinaires - a continué en 2004 à produire un solide excédent net de +650 millions d'euros, ce qui représente +9,8% des recettes courantes de l'État et +2,5% du PIB du pays.

Le déficit total modéré dégagé en fin de compte est la résultante logique et attendue d'une décision prise et rendue publique par le Gouvernement de l'époque de contrebalancer le ralentissement de l'économie par une politique volontariste et, au besoin, par un déficit budgétaire raisonnable. C'était là un choix délibéré de poursuivre les projets d'investissement nécessaires, de renoncer dans le domaine social à des mesures d'austérité et de maintenir la traditionnelle politique fiscale modérée.

Cette politique anticyclique courageuse, soutenant le pouvoir d'achat des ménages et les dépenses d'investissement, a été saluée de toutes parts, et elle se justifie en rétrospective comme un choix judicieux. Elle a contribué à épargner au Grand-Duché la chute conjoncturelle brutale qui a frappé tant d'économies en Europe.

La Confédération Générale de la Fonction Publique CGFP attend du Gouvernement actuel la poursuite de cette ligne judicieuse, clairvoyante et réfléchie, donc la continuation d'une politique de la "main sûre". Dans ce contexte, l'accord salarial raisonnable conclu pour la fonction publique constitue un apport positif, assurant la qualité du service public grâce à la compétitivité de l'État sur le marché de l'emploi.

Dans les domaines financier, économique et social, notre État et notre pays ont besoin d'une démarche sage et continue, inspirée par une vision de longue haleine axée sur l'intérêt national bien compris. Nul besoin d'un démontage social, d'une manipulation de l'indexation, d'excès de zèle par rapport aux exigences bruxelloises, ou encore d'un fétichisme absurde accordant à de prétendus critères de stabilité une valeur absolue sans fondement.

Pour la CGFP, les priorités politiques majeures des efforts gouvernementaux dans les prochains mois doivent être la lutte contre un chômage de plus en plus débordant dans notre pays et la lutte contre la spéculation foncière qui nous vaut dans le domaine immobilier des prix exorbitants.

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